Le Gamaret se plait dans les terroirs viticoles de Genève

Le gamaret est un jeune cépage, né de la recherche viticole suisse à Changins en 1970, dans le but de produire des cépages résistants à la pourriture grise.

L’un des premiers objectifs lors de sa création, était aussi de pouvoir « fortifier » des vins de pinots noirs, jugés souvent trop pâles et manquant de corps. Le Gamaret s’est de plus en plus éloigné de cette volonté pour une raison très simple car les vignerons suisses ont compris qu’il était impératif de limiter les rendements de leurs cépages pour améliorer leurs qualités.

Il est aujourd’hui fréquemment associé au garanoir. Mais, l’un comme l’autre, sont de plus en plus souvent vinifiés seuls, pour eux mêmes. Pour la petite histoire, sachez que l’on peut quasiment les qualifer de frères jumeaux. En effet, ils sont nés tous les deux du croisement des deux mêmes cépages : le Gamay et le Reichensteiner.

Le Gamaret est donc passé rapidement du statut de « vin médecin » à celui de véritable spécialité en Suisse, où il est planté à près de 400 hectares en 2010.
Le canton de Genève en est le deuxième producteur avec plus de 115 hectares plantés sur les 1500 du canton. Avec presque dix pour cent de leur surface cantonale, les vignerons genevois peuvent aisément démontrer que leur terroir se prête particulièrement bien chez eux.  Philippe Villard, à Anières, en a fait par exemple une cuvée recherchée des amateurs. Il l’a, non sans raison, placée dans sa gamme « Les Raretés ».

Le Gamaret est un qui est vin riche en tannins et en couleur, souvent ample en bouche, mais qui peut aussi posséder une belle acidité, preuve d’une belle fraîcheur.
C’est aussi un vin qui est dôté d’un joli potentiel de garde. J’ai déjà dégusté des vins de près de dix ans d’âge. Il ne faut donc pas se  précipiter sur vos derniers achats pour vous faire plaisir. A la période de la chasse par exemple, un Gamaret de cinq à dix années de garde vous offrira un vrai moment de plaisir.
Car ce qui ne manque pas d’étonner avec le Gamaret, c’est l’harmonie qui se dégage de ses vins. S’il possède de la structure, il n’est surtout pas dépourvu de finesse. Une finesse que l’élevage en barrique peut encore accentuer. Côté fruité, le Gamaret joue les séducteurs. Les notes de fruits rouges et noirs, dont les cerises bien mûres, mais aussi d’épices douces font de lui un Casanova des tables. Certaines notes fruitées sont si mûres, qu’au nez, l’on peut penser avoir à faire à un vin muté !

Osez le Gamaret sur vos tables. Outre toutes ses qualités déjà évoquées, il offre de plus un rapport qualité-prix-plaisir rare.

A propos de l’auteur Laurent Probst

lapr-couleurChroniqueur créateur du blog Vins Confédérés en 2007, Laurent Probst, infirmier de formation, a commencé à écrire sur le monde du vin suisse dès le 1er forum francophone spécialisé sur le monde du vin dans les années nonante. Depuis 2011, il est membre de la Fédération internationale des Journalistes et Ecrivains du Vin. En 2014, il a professionnalisé son activité de blogueur et propose de nouvelles prestations, toujours basées sur l’écriture d’articles, pour la presse et les professionnels du monde du vin helvétique.

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